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Actualité :
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| Catégorie : Au masculin | |||
| Ajouté le : 18.11.2005 21:24 | |||
| Auteur : [i] s l E m | |||
De plus en plus de trentenaires aisés confient la confection de leurs costumes à des tailleurs traditionnels. Soucieux de leur apparence, exigeants, ils poussent ces artisans à moderniser leurs coupes. «LEURS AÎNÉS avaient les moyens de s'habiller sur mesure mais ne veillaient pas forcément au style. Au contraire, ces nouveaux clients ont un sens aiguisé des tendances et une vraie culture du vêtement. Ils nous incitent à nous remettre en cause pour répondre à leurs attentes», constatent Lorenzo et Massimo Cifonelli. Les héritiers du tailleur Arturo Cifonelli ne sont pas les seuls à recevoir dans leur atelier des trentenaires soucieux de leur silhouette. Les grands faiseurs de la place parisienne se réjouissent de l'arrivée d'une nouvelle génération qui pousse la porte de leurs vénérables institutions. Dotés de hauts revenus, ces hommes évoluent généralement dans les secteurs de la création (mode, design), de la finance ou de la communication, exercent une profession libérale ou dirigent une petite entreprise. «Ils viennent nous voir car ils n'ont plus envie de porter des costumes de rayon», explique Jacky Guilloizeau, directeur de la boutique Brioni à Paris. «Ils sont extrêmement précis dans leurs demandes et savent à quoi ils destinent le modèle : travail, voyage ou soirée. Le client traditionnel, au contraire, n'a jamais de requêtes particulières.» Un vêtement façonné rien que pour soi Chez Arnys (notre photo), le chemisier-tailleur Michel Korn remarque aussi que la moyenne d'âge de ses clients a récemment baissé pour s'établir autour de 35 ans. «Nous avons sauté une génération, reconnaissent de leur côté Anne-Marie et Jean-Claude Colban, propriétaires de la maison Charvet. Très informés sur la mode et sur notre métier, ces jeunes ont conscience que notre savoir-faire n'est peut-être pas éternel et qu'il faut se dépêcher d'en profiter.» Et d'émettre une hypothèse : «Leur démarche semble relever parfois d'une recherche de filiation avec un aïeul qui se faisait fabriquer tous ses costumes sur mesure.» Les trentenaires découvrent le plaisir de porter un vêtement façonné rien que pour eux. Au même âge, leurs pères ont suivi la démarche inverse : habillés par une couturière durant leur enfance, ils ont adopté les collections standardisées, histoire de ne pas faire comme leur géniteur. «C'est le retour du sur-mesure dans sa définition originale, poursuit Jacky Guilloizeau. Ces jeunes nous poussent à faire quelque chose de moderne.» Chez Dormeuil, qui a confectionné les costumes du groupe britannique de rock Franz Ferdinand pour leur tournée mondiale, le maître-tailleur Lorenzo Ferrucci raconte : «Nous n'avions plus l'habitude de personnes si exigeantes sur le détail d'une poche, la ligne d'un revers. Les Franz Ferdinand étaient même plus pointilleux que Pierre-Henri Mattout,notre directeur artistique. Notre clientèle habituelle, elle, a tendance à réclamer davantage d'aisance par rapport à nos modèles standards.» «Si je n'aime pas, je ne fais pas» De façon générale, les attentes des nouveaux clients du sur-mesure sont les mêmes d'une maison à l'autre. Pour les vestes, l'épaule doit être réduite jusqu'à 13 centimètres comme sur les podiums des défilés, le revers plus effilé et cranté haut, la taille cintrée au plus près et fermée par deux boutons. Côté pantalon : coupe droite sans pli et taille plus basse. Les tailleurs s'adaptent tout en essayant de conserver leur propre signature, leur style maison, leur coupe phare : épaule droite et manche relevée chez Smalto, emmanchure empiétant vers l'avant sur le plastron chez Cifonelli. «Si je n'aime pas, je ne fais pas», lâche Jean Grimbert, le propriétaire d'Arnys. La maison tient à garder son identité. «Et si le client veut quelque chose de très épaulé, mieux vaut l'envoyer chez un confrère dont c'est la spécialité», poursuit le tailleur. Daniel Mare est moins catégorique. En plus d'une clientèle privée comptant Bill Clinton, il réalise aujourd'hui dans ses ateliers de la rue de Thorigny, à Paris, les costumes sur mesure de plusieurs grandes maisons de l'avenue Montaigne. Il insiste sur la nécessaire flexibilité de son métier : «Un tailleur qui persiste à imposer son style se limite immanquablement à ses aficionados. Le sur-mesure d'aujourd'hui nécessite un savoir-faire adapté aux désirs du client.» Qui est toujours roi. |
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