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Actualité :
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| Catégorie : Communication / Média | |||
| Ajouté le : 15.09.2005 14:18 | |||
| Auteur : teamkiller | |||
Alors que l'enquête se poursuit sur une éventuelle entente entre les grands du réseau français, un constat s'impose: le jeu de la concurrence est aujourd'hui insuffisant «Yalta», «armistice», «alliance stratégique» … Si le vocabulaire utilisé pour décrire l'actualité de la téléphonie mobile tient ces temps-ci davantage du champ militaire que du marketing, c'est que l'accusation faite à ses principaux acteurs est grave. Que leur reproche-t-on? De s'être entendus, de 1997 à 2003, pour se partager le marché. Dans les bureaux de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, plusieurs fonctionnaires planchent activement sur le dossier. Et, saisi, le Conseil de la concurrence devrait livrer le compte rendu de son enquête d'ici à la fin de novembre. «Les tarifs sont bons pour les gros consommateurs et corrects pour les petits» Si elle est établie, l'entente pourrait coûter jusqu'à 10% du chiffre d'affaires de chaque opérateur, peut-être plus encore si elle est suivie de plaintes en série de consommateurs. Les trois principaux opérateurs du marché, Orange, SFR et Bouygues Télécom, rejettent en bloc ces allégations. Pourtant, quelle que soit l'issue de la procédure, il est intéressant de dresser un état du marché près de quinze ans après l'arrivée du téléphone portable en France. Les mobiles français sont-ils plus chers que leurs homologues étrangers? Offrent-ils moins de services qu'eux? Contrairement à toute attente, ce n'est pas sur les prix que la France est la plus mal placée. Certes, la situation du mobile n'est pas similaire à celle de l'accès à l'Internet à haut débit, pour lequel l'Hexagone est, avec les prix les plus bas, le meilleur élève de l'Europe. Mais, s'ils ne baissent plus beaucoup depuis 2002 - «ils ont chuté de 40% entre 1998 et 2002», souligne Orange -, les prix d'un appel passé d'un portable à un autre soutiennent la comparaison avec ceux de nos voisins. A en croire Merrill Lynch, le prix de la minute est de 20 centimes en France, contre 30 en Allemagne et 23 en Espagne. Ils varient cependant selon la consommation. «Les tarifs sont bons pour les gros consommateurs et corrects pour les petits», estime Frédéric Pujol, analyste à l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe. Bref, avec un téléphone, on peut parler - ce qui n'est déjà pas si mal - et à un prix raisonnable. Le problème réside dans la taille des nouveaux venus. Depuis l'arrivée fracassante de Bouygues Télécom - c'était en 1996, il y a déjà presque dix ans - où, à coups d'offres discount, le géant du bâtiment avait imposé les forfaits, c'est le grand calme. Une tranquillité bien hexagonale. En Grande-Bretagne, Virgin Mobile, inconnu au bataillon il y a sept ans, compte aujourd'hui plus de 5 millions de clients. Ce nouveau venu est talonné par Tesco, un opérateur de la grande distribution. Qui sont ces derniers arrivés? Virgin comme Tesco sont des MVNO. Cette quasi-anagramme d'OVNI - comprenez Mobile Virtual Network Operator - désigne un opérateur «virtuel», ne possédant pas de réseau propre. Il s'invite sur le marché en achetant des minutes en gros aux opérateurs déjà en place, pour les revendre à prix cassés. Cela permet de lancer une marque et toute une déclinaison d'offres, sans avoir à déployer un millimètre de câble. Virgin et Tesco ne sont pas les seuls. En Allemagne, Tchibo cartonne… Certes, la France compte, elle aussi, quelques MVNO - Debitel, qui cible les jeunes, Breizh Mobile, les Bretons - mais, très spécialisés, ils occupent moins de 1% de part de marché. Trouveront-ils leur place comme au Danemark, où ces nouveaux acteurs ont conquis 23% des clients, en Norvège, 15%, ou en Finlande, 13%? Réponse dans deux ans. Le vibrionnant suédois Tele 2 débarque en France grâce à un accord signé avec Orange, et ambitionne, dès l'an prochain, de déloger Bouygues de la place de n° 3. Alliée à SFR, la radio NRJ fait également son entrée sur le ring. Bref, d'autres acteurs ambitieux sortent - enfin - leurs crocs. «C'est bien, mais cela arrive un peu tard. Nous aurions dû encourager plus tôt ces nouveaux entrants», reconnaît aujourd'hui un ancien membre de l'Autorité de régulation des télécommunications. D'autant que, une fois abonné, il est difficile - ou plutôt long - de changer d'opérateur en gardant le même numéro. Là où les Allemands, les Espagnols ou encore les Italiens mettent moins d'une semaine pour passer chez le concurrent, les Français, eux, doivent patienter deux mois. Certes, ce délai devrait être réduit à deux semaines, mais ce sera toujours bien supérieur aux 24 heures nécessaires en Irlande. Résultat: en l'espace de deux ans, seuls 322 400 abonnés ont changé d'opérateur, soit à peine 0,75% des abonnés français fin 2003. Cette question de la dynamique concurrentielle n'est pas anodine. Elle conditionne le taux d'équipement des ménages, qui, avec 71% d'abonnés en France à la fin de 2004, a certes été multiplié par 7 en sept ans, mais reste un des plus faibles d'Europe, loin derrière la Grande-Bretagne (96,43%), la Suède (104,66%), ou encore le Luxembourg (125,07%), où certains abonnés souscrivent à trois forfaits pour profiter des meilleures offres. Bref, expliquent les associations consuméristes, c'est le manque de concurrence qui explique notre équipement relativement faible tout comme une certaine inertie des services. Certes, les opérateurs ne se sont pas contentés de remplir leur tiroir-caisse chaque fin de mois. Ils ont investi des millions d'euros pour construire un réseau qui couvre aujourd'hui 95% du territoire. Puis ont généralisé la messagerie gratuite, la facturation à la seconde ou encore permis l'envoi de photos. Reste que la télévision sur mobile, qui devrait être, en France, la vedette de cette fin septembre, est populaire depuis déjà trois ans en Asie. «Nous sommes passés d'une culture de risque à une culture de rente, estime un analyste. Alors que la Chine réfléchit déjà à la quatrième génération de portables, une licence UMTS n'a toujours pas trouvé preneur en France.» Pourtant, plus encore qu'un tour de vis réglementaire, c'est une rupture technologique qui pourrait redistribuer les cartes du mobile en France. Cette révolution consiste à transporter de la voix grâce au protocole Internet. Longtemps cantonné à la téléphonie fixe, ce protocole permet aujourd'hui à deux mobiles de parler entre eux. Or cela attire nombre de challengers venus d'autres horizons. Les acteurs en place n'ont qu'à bien se tenir. Du neuf via Internet Ce sont des challengers que l'on n'attendait pas vraiment sur ce terrain! Venus de la recherche sur Internet (Google), de l'échange de données (Skype), des logiciels (Microsoft) ou encore des réseaux (Cisco), tous ces grands noms rêvent de se faire une place dans le monde encore très fermé du mobile. Leur méthode: faire passer de la voix sur Internet, plus uniquement à partir d'un ordinateur vers un autre, mais également vers les téléphones, grâce à des technologies d'accès sans fil comme le Wi-Fi ou le Wi-Max. L'avantage sur la téléphonie classique est évident: reliés au réseau mondial, ces acteurs permettent de communiquer à l'autre bout de la planète au prix d'un appel local. C'est Skype qui a ouvert le bal. La firme, créée en 2003 par Niklas Zennström et Janus Friis - et qui vient d'être rachetée par eBay pour 2,6 milliards de dollars - offrait déjà la possibilité de converser d'un ordinateur à l'autre, grâce à un micro et des écouteurs. Or cette année, le luxembourgeois a mis au point avec Motorola des portables Wi-Fi, c'est-à-dire sachant lire à distance le protocole Internet. Inquiétant pour les opérateurs traditionnels: selon la société Evalueserve, les opérateurs peuvent s'attendre à voir leur chiffre d'affaires diminuer de 5 à 10% d'ici à 2008. Et Skype, qui vient, grâce à un partenariat avec ePlus, de faire une percée sur le marché allemand, ne compte pas s'arrêter là: le site vise 245 millions de clients dans le monde - contre 140 aujourd'hui - en 2008. Skype n'est pas seul. Cisco qui, depuis longtemps, fait passer toutes ses communications téléphoniques internes sur le réseau Internet - ce qui a l'immense avantage de payer une conversation de New York à Johannesburg au prix d'un appel local - se lance maintenant dans le mobile, avec ses propres appareils Wi-Fi… Quant à Google, il vient de mettre au point Google Talk - une messagerie instantanée accessible d'un agenda électronique - sur lequel il s'apprête à faire passer de la voix. La récente embauche par la start-up californienne de Vint Cerf, un des «pères» d'Internet, n'y serait pas étrangère. Les acteurs traditionnels n'auront pas éternellement le choix. Ou bien ils devront eux-mêmes lancer leur solution de téléphonie mobile sur IP - ce que fait SFR pour sa clientèle professionnelle - ou bien s'allier avec ces géants de l'Internet, comme France Télécom avec Microsoft et leur projet baptisé Homezone. S'ils ne bougent pas, ils se trouveront marginalisés. |
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