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Actualité :

  Grand Corps Malade au Bataclan «Le slam n’est pas une thérapie de groupe»
Catégorie : Musique
Ajouté le : 04.10.2006 14:43
Auteur : [i] s l E m

Il y a quelques mois, le grand public a découvert Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. Un slameur, un poète qui a déjà vendu plus de 300 000 exemplaires de son album Midi 20. Phénomène de mode ? Pas sûr. Rencontre avec un jeune homme qui ne se contente pas de jongler avec les mots mais les fait passer avec authenticité et simplicité.

On prétend que le slam est né dans les cafés de Chicago. C’est exact ?

Dans les années 1980, des gens ont commencé, en effet, à se réunir dans des bars à Chicago pour dire des textes. Quand on parle du slam, il ne s’agit pas d’un genre musical mais d’un moment de partage, a cappella et surtout en live. Les morceaux durent généralement 3 ou 5 minutes, sans support musical. C’est vraiment le truc le plus naturel possible. Mais le vrai principe, c’est le partage de la scène.

Quelle est la part d’improvisation ?

Elle est très rare ! Le côté spontané du slam donne l’impression que c’est de l’impro mais, la plupart du temps, tout est écrit et travaillé.

Les textes s’appuient plus sur la poésie que sur la revendication ?

Ma nature ne me pousse pas à faire passer un message quel qu’il soit. Mais il y a aussi sur les scènes slam des gens très polémiques, très contestataires ou très fleur bleue. On ne peut pas regarder ce que je fais pour définir le slam. Surtout pas.

On sent un certain vécu dans vos textes ?

J’écris le mieux sur ce que je connais : mon parcours, mes envies, mes potes, ma ville de Saint-Denis...

Justement, votre texte sur Saint-Denis a été récupéré, non ?

Comme mon texte est plutôt optimiste, je suis devenu le représentant positif de la banlieue. Or je ne l’ai pas écrit pour m’opposer à ceux que l’on appelle les méchants rappeurs. Loin de moi l’idée de faire du prosélytisme sur Saint-Denis. Il y a des trucs bien et moins bien. Mais, je ne viens pas d’un milieu défavorisé, mes parents travaillaient et je suis parti en vacances chaque été ! J’ai entendu dire que j’étais le représentant de la banlieue, du slam, des handicapés. Je suis juste un slameur qui habite à Saint-Denis et qui a eu un accident.

Votre nom de scène, c’est par dérision ?

Bien sûr. Tous les slameurs ont des surnoms pas possible. Avec le mien, je pensais désamorcer une certaine curiosité mais je me suis trompé.

Le goût de l’écriture est venu après votre accident ?

Mon accident remonte à 1997 et je n’ai découvert le slam qu’en 2003. On parle du slam comme d’une thérapie de groupe. Je ne suis pas d’accord. C’est avant tout l’amour des mots, le plaisir de jongler avec la langue française, de faire des rimes. Je trouve qu’un mot à nu, c’est beau. Évidemment, comme tout acte de création, c’est toujours un peu introspectif. Pour le disque, j’ai utilisé des musiques mais de manière minimaliste, juste pour mettre le texte en valeur et éviter une certaine lassitude.

Vous entamez une tournée de 80 dates, votre disque se vend très bien. Comment vivez-vous tout ça ?

La scène, ça me plaît et, comme je ne fais pas de galipettes ni de sauts périlleux, c’est jouable ! Le succès me touche, mais il n’est pas question pour moi de renoncer aux ateliers que j’anime par le biais de mon association « Flow d’écriture ». La poésie, c’est quelque chose de vivant, d’ouvert à tout le monde. Se retrouver dans une petite salle, avec une dizaine de jeunes, pour transmettre et partager, c’est essentiel à mon équilibre.

Bataclan, jusqu’au 14 oct., à 20 h 30. Loc. points de vente habituels. Prix : de 29 à 39 €.

  

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