· Jeux                          Humour du web
    · Jeux à télécharger     Jeux drole
    · Jeux video                  Video
    · Jeux flash                  Jeux en ligne
Bonjour et Bienvenue sur Pour-eux.com

Actualité :

  En route pour l'étoile du berger
Catégorie : Sciences
Ajouté le : 11.11.2005 02:32
Auteur : [i] s l E m

L'Europe vient de lancer pour la première fois une sonde à destination de Vénus. Objectif : comprendre pourquoi la « sœur » de la Terre n'a pas connu la même destinée que notre planète.

En avril 2006, la sonde européenne Venus Express se placera en orbite autour de Vénus

Un périple de cinq mois

C'est avec succès que la sonde Venus Express s'est envolée, mercredi 9 novembre 2005 à 3H33 GMT, du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à bord d'une fusée Frégate.

Une heure et demie après le lancement, la sonde européenne se détachait comme prévu de son lanceur pour entamer un voyage de 163 jours, soit environ cinq mois, à destination de « l'étoile du berger ». Plus de dix ans après le passage de la sonde américaine Magellan, Vénus va donc recevoir à nouveau de la visite.

En avril 2006, Venus Express doit se placer en orbite autour de la planète. Elle y restera environ 550 jours, soit l'équivalent de deux années vénusiennes : de quoi étudier en détail l'épaisse et mystérieuse atmosphère qui masque en permanence la surface de Vénus et qui fait de cette planète l'une des plus inhospitalières de tout le système solaire.

Planète Sœur ?

Vénus : une Terre qui aurait mal tourné ?

Même taille que la Terre, même masse, même âge… Vénus a souvent été qualifiée de sœur de la Terre.

En vérité, l'épais manteau nuageux de Vénus cache un véritable enfer bien incapable d'abriter la moindre forme de vie. Des vents violents, des pluies d'acide sulfuriques, une température avoisinant les 465°C (de quoi faire fondre le plomb ou le zinc)… les rares sondes à avoir atterri dans cet univers dantesque n'ont pas survécu plus de quelques minutes.

Curieusement, il fait plus chaud sur Vénus que sur Mercure qui est pourtant située plus près du Soleil. Ce paradoxe s'explique par l'épaisse atmosphère constituée à 96% de CO2 qui entoure « l'étoile du berger » : un gaz qui, comme sur Terre, participe activement à l'effet de serre. Mais sur Vénus, où le taux de CO2 est 250 000 fois plus important que sur notre planète, le processus est poussé à l'extrême. Sans effet de serre, la température de Vénus n'excèderait d'ailleurs pas les 25°C.

En 1982, la sonde russe Venera 13 a pu réaliser des images en couleur du sol vénusien.

Comment deux planètes aussi semblables que la Terre et Vénus ont-elles pu évoluer vers des destinées aussi différentes, c'est l'une des questions auxquelles tentera de répondre Venus Express.
Comparaison Vénus-Terre

D’autres énigmes à résoudre

Mais Vénus cache d'autres mystères. La planète tourne ainsi extrêmement lentement sur elle-même : près de 243 jours terrestres. Une journée sur Vénus dure ainsi plus longtemps qu'une année !

Vénus vue par Mariner 10

De surcroit, Vénus est la seule planète dans tout le système solaire à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre (le Soleil s'y lève donc à l'Ouest et s'y couche à l'Est).

Curieusement, vue de la Terre, Vénus semble tourner sur elle-même beaucoup plus rapidement. Cette impression est due à la vitesse des nuages de haute altitude évoluant à près de 400 km/h, ceux-ci effectuant un tour de la planète en seulement 4 jours. Grâce à ses nombreux instruments, Venus Express devrait être en mesure d'apporter des réponses sur cette étrange circulation atmosphérique qualifiée de « super-rotation », que l'on observe d'ailleurs également sur Titan.

Vénus vue par la sonde Magellan : Grâce à son radar, la sonde américaine Magellan a pu identifier plus de 1500 volcans à la surface de Vénus. Sont-ils toujours actifs ? Une question à laquelle Venus Express devrait répondre.

Vénus vue par la sonde Magellan

90 kg de matériel scientifique

Entre 1989 et 1994, la sonde américaine Magellan a pu répondre à de nombreuses interrogations sur la topographie et l'altimétrie de Vénus. Grâce à son radar, elle a notamment pu dresser une cartographie très détaillée de la planète.

En s'intéressant spécifiquement à l'atmosphère vénusienne, Venus Express comble donc une lacune laissée par les missions précédentes. À cet effet, la sonde transporte 90 kg de matériel scientifique regroupant sept instruments.

Les sept instruments de Venus Express

* ASPERA-4 est un détecteur d'ions chargé d'étudier l'interaction entre le vent solaire et l'atmosphère vénusienne.
* MAG est un magnétomètre destiné à mesurer la force et le champ magnétique de la planète.
* PFS est un spectromètre infrarouge capable de mesurer la température de l'atmosphère entre 55 et 100 km d'altitude mais aussi celle de la surface.
* SPICAV est un spectromètre ultraviolet et infrarouge capable d'étudier le cycle de l'eau.
* VeRa est une radio destinée à sonder l'atmosphère (et en donner la densité, la pression, la température).
* Virtis est un autre spectromètre imageur (dans le visible et l'infrarouge) destiné à étudier la basse atmosphère.
* Enfin, la sonde embarque une caméra grand angle VMC pouvant photographier Vénus dans l'infrarouge, le visible et l'ultra-violet.

Recyclage...

Derrière cette « débauche » de matériel scientifique, Venus Express se révèle être en fait une mission très peu coûteuse. Certes, ses 220 millions d'euros (lancement compris) feraient rêver plus d'un laboratoire de recherche. Mais cette somme est dérisoire comparée aux 800 millions de dollars des rovers martiens américains ou au 3,26 milliards de dollars de Cassini-Huygens actuellement en orbite autour de Saturne. Venus Express fait ainsi partie de ces nouvelles missions européennes volontairement peu coûteuses et rapidement mises en œuvre (d'où son qualificatif « Express »).

Comment parvenir à cet objectif ? En recyclant des matériels déjà éprouvés sur d'autres missions. Venus Express bénéficie ainsi de nombreux modules utilisés sur Mars Express (actuellement en orbite autour de la planète rouge), sonde qui, elle-même, avait profité d'éléments développés pour Rosetta. Principale difficulté de ce recyclage : passer du froid au chaud. Avec Mars Express, les ingénieurs devaient adaptés leur matériel à un milieu froid et peu lumineux. C'est l'inverse qu'ils ont dû résoudre avec Venus Express : les panneaux solaires sont plus petits, des systèmes d'évacuation de chaleur ont été installés…

Reste maintenant à vérifier que toutes ces économies et astuces n'auront pas d'incidences sur le déroulement de la mission. Réponse dans cinq mois.
  

Auteur Commentaire
Aucun commentaire dans la base de données
Algerie