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| Catégorie : Sciences | |||
| Ajouté le : 17.11.2005 18:35 | |||
| Auteur : [i] s l E m | |||
La Varenecline, développée par le laboratoire Pfizer, présente une efficacité jamais observée dans le sevrage au tabagisme. Des test sont actuellement menés en France. Le médicament n'est pas encore commercialisé qu'il suscite déjà les plus grands espoirs chez les fumeurs qui veulent écraser une bonne fois pour toute leur dernière cigarette. Il faut dire que les résultats de la troisième phase d'étude de la molécule, appelée Varenicline, sont impressionnants : ils montrent que "son efficacité pour le sevrage au tabagisme sont supérieurs à tout ce qu'on avait connu jusque là", explique à tf1.fr Ivan Berlin, maître de conférences au service de pharmacologie au CHU Pitié-Salpétrière, à Paris. Le laboratoire Pfizer, qui a mis au point la molécule, a réuni des volontaires, âgés de 18 à 15 ans et qui fumaient une dizaine de cigarettes par jour. Un groupe a reçu de la Varenicline, un autre du Zyban (un antidépresseur dont on a découvert qu'il aidait à arrêter de fumer) et un troisième du placebo. Au bout de neuf semaines de traitement, l'abstinence tabagique a été constatée pendant quatre semaines consécutives chez 44% des fumeurs du premier groupe, 30% de ceux du groupe 2 et près de 18% du groupe 3. La Varenicline est consommée sous forme de comprimés une à deux fois par jour, précise le docteur Berlin. Avantage de la molécule : "On peut individualiser les quantités prescrites", pointe le pharmacologue. "Il est envisageable de donner le médicament pendant un an ou plus, ajoute-t-il. Les stratégies thérapeutiques doivent changer car les personnes qui arrêtent de fumer rechutent. C'est pour prévenir ces rechutes que les laboratoires font désormais des études à long terme." Des nausées mais pas d'accoutumance Quelques effets indésirables ont été identifiés mais ils ne sont pas graves. Il s'agit "essentiellement des nausées pour 30% des patients dans les premiers jours puis elles tendent à s'atténuer", indique le docteur Berlin. En revanche, il précise que "l'accoutumance est peu probable : on ne peut pas considérer ce médicament comme un traitement substitutif ; ce n'est pas une drogue". La Varenicline est un médicament de type agoniste partiel. En clair, "il y a des récepteurs à la nicotine dans le cerveau et des sous-types de récepteurs, qui sont responsables des effets du tabac", explique Ivan Berlin. "La Varenicline s'accroche au récepteur et a un effet imitant celui de la nicotine, poursuit-il. Quand les gens fument après avoir pris la molécule, la nicotine n'a pas d'effet." Une étude sur les effets du médicament est actuellement en cours en France. La mise sur le marché n'est pas prévue avant 2007. A l'origine, des travaux réalisés en France Pfizer a développé la Varenicline en s'appuyant sur les travaux du professeur Jean-Pierre Changeux, responsable de l'unité Récepteurs et cognition à l'Institut Pasteur, tient à souligner le docteur Berlin. Le neurobiologiste français est un "pionnier dans l'identification et le clonage des récepteurs nicotiniques, malgré ses difficultés à obtenir des budgets pour son service", assure Ivan Berlin. Et le pharmacologue enfonce le clou : "C'est un cas exemplaire qui montre l'importance de la recherche fondamentale pour des applications cliniques qui interviennent 20 ou 30 ans plus tard". |
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