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Actualité :

  deep impact
Catégorie : Sciences
Ajouté le : 14.09.2005 13:07
Auteur : teamkiller

Un gros jet de poussières. Un cratère dont la taille demeure un mystère. L'identification de molécules organiques comme le formaldéhyde. Des photos d'une incroyable précision sur la topographie cométaire, modelée par les chocs cosmiques et l'évaporation de matières lors des passages près du Soleil. Un choc précisément mesuré, spectaculaire... mais pas si destructif que cela, puisque la comète Tempel-1 n'en montrait plus aucun signe cinq jours après... Voici quelques conséquences du bombardement de la comète Tempel-1 par la sonde américaine Deep Impact, le 4 juillet (1).
Une mission magistralement réussie par les astronavigateurs de la Nasa. Et dont les résultats détaillés paraissent cette semaine dans la revue Science (2). Un premier article a été écrit par les scientifiques dont les instruments étaient embarqués sur la sonde principale et sur l'impacteur. Un second, par plusieurs dizaines d'astrophysiciens ayant utilisé plus de 70 télescopes au sol pour observer la comète avant, pendant et après l'impact. Un troisième, par les équipes de la sonde européenne Rosetta, en voyage vers la comète Churyiumov-Guérasimenko qu'elle atteindra en 2014.

De cette mission suicide du moins pour l'impacteur car la sonde Deep Impact a survécu et pourrait aller observer une seconde comète , les astrophysiciens attendaient des données inédites sur la structure interne des comètes, leur composition chimique, leur densité, leur réaction à un tel traitement envisagé pour, un jour lointain, écarter une comète d'une trajectoire menaçant la Terre.
Contrasté. Tempel-1 a livré ses mensurations avec précision : 3 km de rayon moyen, avec une incertitude de cent mètres seulement, sa plus grande dimension atteignant 7,6 km et la plus petite 4,9 km ; 30 % de la surface a été photographiée avec une résolution de dix mètres par pixel, révélant un relief contrasté, avec de multiples cratères d'impacts de toutes tailles, des vallées, des surfaces plus douces. Plusieurs signes indiquent que le noyau cométaire est stratifié, formé de couches successives de natures différentes. Pourtant la surface, très sombre, montre une grande homogénéité d'albédo et de couleur. Aucune trace de glace d'eau «propre» en surface, mais une épaisse couverture de poussières. C'est la principale leçon du choc, à 10,6 km/s, entre la comète et l'impacteur de 364 kg. L'impact a libéré un nuage beaucoup plus riche en poussières, relativement au gaz, que les geysers provoqués par la chaleur solaire alimentant la chevelure de Tempel-1. Environ mille tonnes de grains extrêmement fins, alors qu'elle perd un million de tonnes à chaque passage auprès du Soleil.
Questions. Malgré le succès total de la mission, des inconnues demeurent. Avant la rencontre, les estimations de la densité d'un noyau cométaire variaient de 50 kg à 1 t/m3. Celle de Tempel-1 a été mesurée à 620 kg, avec une incertitude de + 470 ou ­330 kg. La topographie originale de Tempel-1 rend problématique la notion de comète «typique». La cohésion interne, la présence de molécules organiques complexes... autant de questions qui ne seront résolues que par d'autres missions spatiales.
(1) Libération des 4 et 5 juillet.
(2) M.F. A'Hearn et al, Horst Uwe Keller et al et K.J. Meech et al. Science du 8 septembre 2005.
  

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